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"Mon combat, c'est le Vaucluse"

Bilan de mi-mandat

 

 

 

“Mon combat, c'est le Vaucluse” 

Recrutement de médecins, retour à l’emploi des allocataires du RSA, réaménagement du carrefour de Bonpas… 
La Présidente du Département retrace le chemin parcouru depuis 2021. A mi-mandat, elle réaffirme surtout ses grandes ambitions pour le Vaucluse, même dans la période d’incertitude due à l’instabilité nationale et à la crise des finances de l’Etat.

 

Dominique Santoni, après trois ans de mandat, vous dites aujourd’hui mener un combat pour votre département. Pourquoi un combat ?
Parce que beaucoup de choses ont changé en trois ans. Et par là, je veux dire à la fois que le Département que je préside a accompli un travail considérable et a énormément investi mais aussi que la situation nationale s’est considérablement dégradée... Ça ne limite pas notre ambition pour le Vaucluse mais ça rend les choses plus compliquées, chacun peut le comprendre. Pour le dire de manière un peu crue, l’Etat a «  cramé la caisse  » et les déficits de l’Etat pèsent sur nos propres finances à double titre : d’abord parce qu’une partie importante de nos recettes provient de reversements de l’Etat (notamment la TVA) qui baissent et ensuite parce que l’Etat a maintenant la tentation de ponctionner les finances des collectivités locales qui, elles, sont obligées de voter des budgets en équilibre ! Dans le même temps, le marché de l’immobilier a beaucoup ralenti alors même qu’une bonne partie des recettes du Département en dépend, dans le neuf comme dans l’ancien... Alors, oui, clairement c’est de plus en plus un combat pour boucler notre budget et garder des marges de manœuvre pour le Département.

Vous avez choisi de présenter un budget qui, malgré toutes les difficultés du temps, préserve les capacités d’investissement du Département…
C’est exact, nous avons choisi de prioriser nos investissements.
Et dans le même temps, il nous faut également assurer la continuité des services publics essentiels à la vie des Vauclusiens, le bon fonctionnement des collèges, l’aide aux personnes âgées, à l’enfance en danger et aux personnes handicapées, la sécurisation des routes départementales, etc. Ça n’a pas été simple parce qu’il nous faut trouver en 2025 a minima 13 millions et demi d’euros d’économies...
et peut-être plus encore si l’Etat nous fait contribuer au redressement de ses finances. Nous allons y arriver en économisant sur notre fonctionnement et en rationalisant encore la dépense : chaque euro dépensé doit être efficace pour les Vauclusiens. Nous ralentissons certaines actions ou nous les étalons dans le temps, par exemple. Et selon moi, il n’y a pas de petites économies : j’ai ainsi décidé qu’il n’y
aurait pas de voeux du Département cette année et qu’il n’y aurait plus à l’avenir que deux numéros par an de ce magazine au lieu de trois.

Quels sont les secteurs sur lesquels il n’est pas question d’économiser ?
On sanctuarise absolument l’aide au monde agricole, dont on connaît les grandes difficultés. C’est un secteur essentiel pour le Vaucluse et même une part de son identité. On maintient ainsi notre politique importante de soutien à l’irrigation. Idem pour l’aide aux communes. On ne peut pas ralentir ou arrêter des projets municipaux de proximité qui améliorent concrètement la vie de tous les Vauclusiens dans chacune de nos 151 communes. Et enfin, l’investissement. Comme depuis le début du mandat nous avons réussi à maintenir un niveau d’investissement à hauteur de 120 millions d’euros en 2025. Et c’est essentiel : investir, c’est le seul chemin possible pour le Vaucluse. Investir dans le recrutement de médecins et l’ouverture de Centres de santé départementaux, investir dans nos EHPAD comme dans nos collèges, investir dans nos grandes infrastructures comme dans la protection de l’environnement, ça crée de l’emploi ici, chez nous, pas à l’autre bout de la planète. C’est le seul moyen de faire avancer le Vaucluse vers plus de dynamisme, plus d’attractivité et au final plus de richesses. Un Vaucluse plus prospère, c’est permettre au Département d’avoir les moyens demain d’assurer efficacement toutes ses missions de solidarité. Nous avons enclenché un cercle vertueux, ce n’est pas pour y renoncer dès que le temps se gâte.

Alors il y a, selon vous, des raisons d’être optimiste pour
le Vaucluse ?
Evidemment. C’est un combat que nous devons mener pour le Vaucluse et c’est un combat que collectivement nous allons gagner. En un peu plus de trois ans, nous avons déjà fait une bonne partie du chemin. Nous avons créé le Réseau départemental de santé avec le recrutement de neuf médecins salariés. En moins de deux ans, 3 000 Vauclusiens ont retrouvé un médecin traitant et 25 000 consultations ont été assurées. Cette lutte contre la désertification médicale, c’est l’une des actions du Département qui me tient véritablement à cœur. On a essuyé des critiques, car cela ne relevait pas de nos compétences, mais j’y croyais alors je l’ai fait car, clairement, c’est utile à tous les Vauclusiens. Là encore, c’est un combat, ou à tout le moins une mobilisation permanente, pour essayer de recruter des médecins pour le Vaucluse quand toute la France manque de médecins.
Autre satisfaction, l’aménagement du carrefour de Bonpas, dont les travaux vont débuter en 2025, et à terme fluidifier le trafic et améliorer le quotidien de beaucoup de Vauclusiens. Bonpas, comme la déviation d’Orange, étaient des dossiers en attente depuis des années. Des dossiers structurants pour nos territoires qu’il a fallu, avec les équipes du Département, plaider et défendre sans relâche pour qu’ils aboutissent enfin. On peut également citer les actions menées par l’agence départementale Vaucluse Provence Attractivité. Il y a un vrai travail «  d’invest  » qui est mené et, lorsqu’on voit le nombre d’entreprises qui s’installent en Vaucluse tous les ans, on peut dire que ça marche.

Et dans cette formule «  nous allons gagner le combat pour le Vaucluse  », c’est qui, nous ?
Tous les Vauclusiens, chacun a un rôle à jouer. Nous, c’est aussi l’ensemble des élus conseillers départementaux. Nous sommes 34 dans l’assemblée, de sensibilités politiques très différentes, on le sait bien. Mais ce qui nous réunit, c’est le Vaucluse ! Je suis persuadée que lorsque les choses ont du sens, il faut avoir du courage et y aller, quitte à se mettre dans une forme de rupture. Si cela est juste, les gens comprennent pourquoi vous l’avez fait même s’ils ne sont pas forcément d’accord. Je prends l’exemple du RSA et de la politique de retour à l’emploi que nous avons mise en place. Tout le monde n’a pas droit au RSA. Ce n’est pas un revenu universel garanti à vie, je le rappelle. C’est un revenu ponctuel le temps de revenir vers l’emploi. Moi ce qui m’importe, c’est le résultat, et le retour réel à l’emploi ! Et là encore, ça marche puisque, en accompagnant fortement les bénéficiaires dans leur parcours, le nombre de foyers allocataires du RSA est passé en quatre ans de 19 000 à 14 000.

Diriez-vous que c’est la «   méthode  Santoni  » ?
Je me revendique comme une femme de droite, j’ai des convictions, mais rien n’est tout noir ou tout blanc et je ne suis pas prisonnière d’un parti politique. Par exemple, je peux aller vers l’écologie car j’y crois. Parfois, il faut savoir ajuster le curseur en fonction de la réalité du terrain et surtout en écoutant les gens. En même temps, j’ai toujours connu ça. Mon père a été maire d’Apt et je me souviens très bien que tous les dimanches, toute la journée, les gens sonnaient à notre porte et il les recevait dans son bureau. Cela m’a beaucoup marquée et sans doute inspirée. C’est cela la vraie boussole, ce sont les besoins des Vauclusiens. Alors, s’il y a une «  méthode  », elle consiste à sortir de la politique politicienne pour avoir des résultats dans l’intérêt des habitants de ce territoire. Je ne suis pas dans le politique, je suis dans l’efficacité, le pragmatisme. Au niveau national, ça ne marche pas car tout le monde cherche d’abord à prendre la lumière, et beaucoup donnent le sentiment de penser à leur parti et à leur carrière avant de penser à leur pays.

En parlant du «  national  », vous avez récemment appelé à une troisième phase de la décentralisation, avec plus de liberté et de moyens pour les collectivités locales. 
Pourquoi ?
L’Etat a concentré tous les pouvoirs mais aussi tous les déficits. C’est un échec patent. Il faut rendre du pouvoir et des moyens aux collectivités locales. La France centralisée et le tout Paris, ça suffit ! Je dis à l’Etat «  faites-nous confiance  », nous les élus locaux, les maires, ceux qui sont sur le terrain, au plus près des Français. Sinon, on arrive à des sommets d’absurdité. Quand l’Etat nous oblige à faire des logements sociaux dans des endroits complètement inappropriés, je dis «  mettez des baskets et venez voir sur le terrain, vous comprendrez que ce n’est pas possible  ». Arrêtons d’être dans la théorie, dans ce parisianisme des sachants contre les provinciaux que nous sommes… Redonnons de la liberté au local et agissons ! Ce qui fonctionne, c’est la sincérité, la proximité et le bon sens.