Agriculture

Beaumes-de-Venise, un double anniversaire, ça se fête !

Cette année est marquée par un double anniversaire sur le terroir de Beaumes-de-Venise. Le Muscat fête ses 80 ans et le Beaumes-de-Venise cru rouge ses 20 ans. Et l’histoire de ces deux appellations n’a pas fini de s’écrire.

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Les appellations Beaumes-de-Venise (reconnue en 2005) et Muscat Beaumes-de-Venise (reconnue en 1945) représentent 1 000 hectares de surfaces et 153 producteurs. Si le muscat se cantonne à Beaumes-de-Venise même, le cru rouge s’étend aussi aux communes de Lafare, La Roque-Alric et Suzette. « On a un terroir à deux visages mais comportant également de multiples facettes », souligne Claude Chabran, coprésident du syndicat de l’appellation. A commencer par la diversité des paysages grimpant sur les premiers contreforts des Dentelles de Montmirail jusqu’aux vignobles en terrasses ou en pentes. « Il y a aussi une diversité des sols, des altitudes qui vont de 80 à 500 mètres pour la plus haute terre. Ce dénivelé induit une différence d’environ 6 degrés entre les zones les plus précoces et les plus tardives. Chaque parcelle chez nous est unique », poursuit-il. 

Cette pluralité forge justement la singularité de ce terroir. Et les producteurs comptent bien la conserver. Claude Chabran insiste : « Cet héritage, nous devons le transmettre aux générations futures. Depuis très longtemps, nous sommes d’ailleurs très engagés en termes de protection de l’environnement, des paysages, de la ressource en eau… » Dès 1992, une partie de l’aire de l’appellation était labellisée Paysage de reconquête par le ministère de l’Environnement, et en 1998, bien avant la vogue du bio, les vignerons signaient la charte Vivre, promouvant des pratiques agricoles plus respectueuses. 

Un Muscat apprécié par les papes comme par la Reine Elisabeth II

Mais l’histoire de la vigne sur le terroir de Beaumes-de-Venise a commencé bien avant sa reconnaissance aux XXe et XXIe siècles. Déjà, à l’Antiquité, cette culture façonnait les paysages et a traversé les âges. « Elle a connu des moments fastes comme lors de la Papauté à Avignon où le Muscat était dégusté et très apprécié, ou en 1953, lorsque ce vin a été servi au couronnement de la Reine Elisabeth II. Il y a eu des périodes plus difficiles en raison des Guerres de Religion, du phylloxéra ou des aléas climatiques », retrace Jean-Paul Anrès, président du syndicat. 

 

 

Aujourd’hui, les vignerons de Beaumes-de-Venise veulent s’engager vers une préservation encore plus large des écosystèmes et de ce patrimoine qui leur sont si chers. Le syndicat affiche d’autres objectifs notamment conjuguer excellence des vins tout en s’adaptant aux variations du climat, développer l’œnotourisme ou viser une reconnaissance à l’international. Tous les atouts pour y arriver sont à portée de grappe. Que ce soient dans les petits grains donnant ce muscat à la robe dorée, plein de douceur, avec des arômes tendant sur les fruits exotiques. Ou bien dans les assemblages de cépages grenache noir, syrah et mourvèdre, conférant leur typicité aux vins de l’AOC Beaumes-de-Venise rouge. Chacun sa préférence !

Des animations au programme
Tout un programme d’animations est prévu sur les prochains mois pour célébrer les 80 ans du Muscat et les 20 ans du cru Beaumes-de-Venise, qui cumulent cent ans d’histoire à eux deux. Le premier rendez-vous est donné à La Roque-Alric, le samedi 24 mai, pour une soirée vigneronne. D’autres manifestations se tiendront dans les communes de l’aire d’appellation, avec un final à Beaumes-de-Venise les 8 et 9 août. Tout le programme à retrouver sur Beaumes-de-Venise AOC | Le Terroir aux deux Visages.