Education

Les mots s’offrent aux collégiens pour dire le monde

La lecture est en perte de vitesse chez les plus jeunes. Pour leur redonner le goût des mots et des lettres, le Département de Vaucluse amène au cœur des classes son dispositif «  Ecrire au collège  ». Pas moins de 2 271 élèves, de la 6e à la 3e, en bénéficient cette année.

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Lancée en 2019, l’action « Ecrire au collège » a pour objectif d’encourager la pratique de l’écriture et de la lecture à un âge où beaucoup de jeunes s’en détournent. Cette année, 93 classes bénéficient de ces ateliers, animés par six associations culturelles, choisies par le Département, après un appel à projets. 

Auprès des intervenants, les collégiens vivent des moments privilégiés et se voient encouragés dans la pratique de l’écriture et de la lecture. Les classes suivent des séances de deux heures, et le volume d’intervention peut aller de six à dix heures au total. Grâce à des outils comme des albums ou des listes de mots, les jeunes peuvent coucher leurs idées et leurs pensées sur le papier et ainsi développer leurs compétences rédactionnelles. 

 

« Quand j’écris, je me sens mieux »

Mais écrire procure d’autres bienfaits. « Quand je parle, je ne dis pas vraiment tout. Quand j’écris oui. Quand j’écris, je me sens mieux », témoigne la jeune Cassandra en classe de 6e au collège Charles-Doche, à Pernes-les-Fontaines. Elle et ses camarades, en classe ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire), ont passé deux heures en compagnie de Danielle Bruel, intervenante pour l’association « Le Goût de lire en Pays d’Apt ». Elle leur a demandé de se réapproprier les mots de poètes et auteurs tels que Jacques Prévert, Sébastien Joanniez ou Thomas Vinau pour créer leur propre poème et dire le monde à leur manière. Car, comme l’intervenante aime le répéter : « Quand on écrit les mots, on ne les oublie pas ».

 

Je vais transmettre au creux des roches 

Une tendresse fragile 

Qui va se mettre à hauteur.

Il va s’extirper de la dune,

Respirer calmement et tambouriner.

Plus tard, il y aura une consolation sans fin,

Cela veut dire qu’ils vont ignorer l’inquiétude. 

de Wilhem

 

Le ciel que je regarde

 Est un grand rayon de l’univers.

Il voit la nuit de l’intérieur,

Le bleu des mers et le vert des terres.

 Il met des couleurs partout. 

De Lorenzo 

 

« On découvre les élèves autrement, cela leur permet de se mettre à nu. Certains sortent des textes très forts et soulèvent beaucoup d’émotion. Ils y mettent des choses personnelles, arrivent à se livrer un peuet à faire changer le regard des autres  », se réjouit Anne Perignac, professeure documentaliste au collège Doche, qui participe au dispositif « Ecrire au collège » depuis ses débuts. L’écriture a un effet catharsis sur certains, d’autres vont prendre confiance en eux après avoir osé lire leur texte devant la classe. 

 

 

« On donne à manger à nos enfants pour qu’ils grandissent. C’est pareil pour les mots. On ne peut pas grandir si personne ne nous encourage. Et ces enfants repartent d’ici bien contents d’avoir réussi quelque chose », souligne l’intervenante Danielle Bruel. Tous les collégiens consignent leurs textes dans leur carnet d’écriture, fourni par le Département. Comme autant de précieux recueils, où sont encrés durablement les saisissements et les introspections de ces adultes en devenir.  

Six associations se rendent dans les collèges
Les ateliers « Ecrire au collège » sont financés par le Département de Vaucluse qui y consacre annuellement 50 000€. Chaque année, un appel à projets est lancé auprès des associations locales pour animer ces ateliers. Cette année, six ont été retenues : Le Goût de lire en Pays d’Apt, Des livres et des mots, Grains de lire-Nomades du Livre, le Centre dramatique des villages du Haut-Vaucluse, la compagnie K.I.T. et le Labo des Histoires.